Programme Européen NAIADES II / Verdissement de la Flotte

Transporteurs Fluviaux de France (TFF) qui représente l’ensemble des entreprises de transport fluvial de fret français souhaite porter à votre connaissance sa position relative à ce qu’il est désormais convenu d’appeler le « verdissement » de la flotte.

Dans la droite ligne de son document de travail « Vers NAIADES II » qui souligne le manque d’incitations financières et réglementaires des transporteurs fluviaux à réduire leurs émissions, contrairement au secteur routier, la Commission européenne a engagé un travail de réflexion sur la réduction des émissions polluantes de la flotte fluviale, au travers de cinq réunions d’un groupe d’experts.

L’objectif fixé par le document de travail «  vers NAIADES II »  était  d’atteindre à l’horizon 2020 une performance écologique globale égale ou meilleure que celle envisagée pour le transport routier. Cette échéance a été reportée à 2030 et Transporteurs fluviaux s’en félicite.

Les principales conclusions du groupe d’experts constitué à cette fin sont les suivantes :

  • le transport fluvial souffre d’un retard en matière de renouvellement des moteurs en l’absence de normes règlementaires ainsi qu’une insuffisance de moyens d’internalisation des coûts externes dans les transports.
  • Il y a par conséquent peu de bateaux équipés de moteurs « propres ». Aussi, le potentiel de renouvellement des moteurs de la flotte est très élevé.

TFF tient à faire souligner que l’étude sur les futurs seuils d’émissions de polluants atmosphériques  ayant une incidence sur la santé publique ne traite pas des gaz à effet de serre (CO2), dont les taux d’émission sont bien plus favorables au fluvial qu’aux autres modes de transport de fret.

L’Organisation Européenne des Bateliers (OEB)  et l’Union Européenne de la Navigation Fluviale (UENF), auxquelles appartiennent respectivement la CNBA et le CAF, ont également apporté leur contribution en réaffirmant leur volonté de parvenir au verdissement de la flotte. Parmi les solutions envisagées, TFF encourage le recours au carburant GNL pour atteindre les objectifs fixés et soutient les solutions suivantes :

  •  la promotion du GNL comme carburant alternatif ;
  • l’autorisation pour les bateaux de navigation intérieure de recourir au GNL comme carburant de propulsion ;
  • l’élaboration au niveau européen d’un cadre règlementaire ;
  • la réalisation d’une infrastructure d’approvisionnement en GNL pour les voies de navigation intérieure.

L’option technologique de la propulsion Diesel-électrique a été abordée par le rapport de la Commission européenne « Contribution to impact assessment of measures for reducing emissions of inland navigation ». Outre ces options, Transporteurs fluviaux de France souhaite que la motorisation classique soit rajoutée aux autres types de propulsion  mentionnés.

TFF, s’agissant du verdissement des moteurs existants (Retrofit) comme leur remplacement, tient à appeler votre attention sur l’impact économique d’un tel processus : le secteur fluvial n’est pas en mesure d’absorber un tel investissement alors qu’il traverse une crise grave.

TFF sera attentive au respect des points suivants :

  • les nouvelles normes d’émission ne devront s’appliquer qu’aux nouveaux moteurs (pour des bateaux neufs ou lors du renouvellement des moteurs dans les bateaux existants).
  • le renouvellement ne peut se faire que sur la base du volontariat sous peine de distorsion de concurrence avec le mode routier.
  • les moyens de financement devront être mobilisés tant au niveau européen que national.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Sous-directeur, l’expression de nos salutations distinguées.

Les co-présidents de TFF.

Posté le

Laisser un commentaire