Rapport de la « Commission 21 » : le fluvial, un mode de transport marginal ?

 Le 5 Juillet 2013

Le rapport de la Commission Mobilité 21 remis le 27 juin par M. Duron, son Président, au Ministre chargé des Transports, Frédéric Cuvillier, confine le transport fluvial à un mode de transport marginal.

Trois constats extrêmement décevants pour le transport fluvial qui paie sans doute la contrepartie de sa forte croissance depuis le début de l’année (une augmentation de près de 10 % des trafics exprimés en tonnes / kilomètre) et depuis 15 ans (+ 40 %) :

  • Aucun projet fluvial n’est mentionné pour les 20 prochaines années, ce qui contredit les principes d’évaluation des projets retenus par la Commission : la liaison à grand gabarit entre Bray et Nogent fait l’objet d’un classement en deuxième niveau de priorité, Saône Moselle / Saône – Rhin vient nourrir la liste des projets à « horizons lointains »,
  •  Bien qu’avancé au titre « des constats et observations autour des conditions d’une mobilité durable », le souhait exprimé d’amélioration de la performance des principaux ports maritimes et son corollaire, la relation avec l’hinterland ne trouve pas de concrétisation fluviale,
  •  S’agissant du Canal Seine-Nord Europe, le Rapport précise que le projet de canal fait partie des projets « s’inscrivant dans le réseau européen de transport (RTE-T) » et ne pouvait relever du classement qu’elle a réalisé. La Commission Mobilité 21 a également rappelé dans son rapport que « le Ministre délégué chargé des transports a confié, le 26 mars 2013, une mission de redéfinition du projet Seine-Nord Europe au député Rémi Pauvros », dont acte.

Alors que le Rapport exhorte le Ministre à « régénérer le réseau ferroviaire national », il l’invite à « garantir le niveau d’investissement propre à préserver le patrimoine fluvial » : aux uns l’économie, aux autres le patrimoine, une image d’Épinal qui ne favorise pas le transport fluvial.

Sur le fond, enfin, il faut se féliciter qu’un rapport parlementaire fixe le niveau minimum en – deçà duquel il n’est pas sérieux de prétendre maintenir le réseau fluvial en état de fonctionnement suffisant : les besoins nécessaires sont ainsi estimés à 200 millions d’euros.

Mais cette affirmation d’évidence ne saurait compenser ce qui relève d’un manque à la fois d’ambition et de prise en compte de la réalité économique et des bénéfices sociétaux et environnementaux du transport fluvial, car pour les Rapporteurs il n’y a :

  •  ni projet réalisable pour permettre sa mise aux standards industriels et le maillage du réseau (grandes liaisons),
  • ni interface portuaire à prévoir (accès directs à Port 2000 et à Fos 2 XL),
  • ni perspective européenne.

Les transporteurs fluviaux réunis au sein de Transporteurs Fluviaux de France, dans leurs composantes artisanale et armatoriale, appellent solennellement le Ministre des transports Frédéric Cuvillier à réévaluer les priorités comme il vient de le faire pour le Canal Seine-Nord Europe, afin de donner au transport fluvial la place qui est la sienne comme composante  essentielle d’une politique ambitieuse de report modal.

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